top of page

Incendies en France et en Afrique centrale : ce que le feu révèle de notre humanité.

  • Photo du rédacteur: Emma Barbier
    Emma Barbier
  • 28 juil.
  • 4 min de lecture
Illustration symbolique représentant une forêt en flammes face à une forêt préservée, avec une chaîne humaine évoquant la solidarité face aux incendies, au changement climatique et à la protection de la biodiversité.
Des incendies en France aux forêts d'Afrique centrale, découvrez ce que ces catastrophes révèlent de notre humanité, de la solidarité et de notre lien au vivant.

Depuis plusieurs jours, j'éteins la télévision avec un étrange sentiment d'impuissance. Les images des incendies défilent, les paysages disparaissent sous les flammes et, malgré la distance qui nous sépare de certains de ces lieux, quelque chose en moi refuse de rester simple spectatrice.

Je pense aux familles contraintes de quitter leur maison, aux femmes et aux hommes qui luttent contre le feu jusqu'à l'épuisement, aux animaux qui n'ont nulle part où fuir. Mais je pense aussi à ces arbres centenaires qui tomberont sans bruit. Une forêt qui disparaît n'est jamais seulement un paysage que l'on perd. C'est un équilibre qui vacille, une mémoire qui s'efface et une part du vivant qui ne renaîtra pas avant plusieurs générations.


Quand le feu révèle le meilleur de nous

Face à la catastrophe, une autre force apparaît presque toujours : la solidarité.

En France, les incendies rassemblent bien au-delà des régions touchées. Des pompiers parcourent des centaines de kilomètres pour prêter main-forte à leurs collègues.

Des agriculteurs mettent leurs citernes à disposition.

Des habitants ouvrent leur porte à des familles évacuées.

Pendant quelques jours, les différences s'effacent. Il ne reste que des êtres humains qui prennent soin les uns des autres.

Cette solidarité est précieuse. Elle rappelle que, malgré les divisions qui occupent souvent l'actualité, nous savons encore nous unir lorsque l'essentiel est menacé. Elle dit quelque chose de profondément rassurant sur notre capacité à faire corps.


Une autre forêt brûle, loin de nos regards

Pendant que les regards se tournent vers les incendies qui frappent l'Europe, une autre forêt continue de brûler dans un silence presque total : le bassin du Congo, en Afrique centrale.

Deuxième plus grande forêt tropicale de la planète après l'Amazonie, elle abrite une biodiversité exceptionnelle, stocke des milliards de tonnes de carbone et joue un rôle essentiel dans l'équilibre climatique mondial.

Pourtant, ces incendies, souvent liés aux pratiques agricoles, à la déforestation et désormais aggravés par le changement climatique, restent largement absents de nos conversations.

Je me suis demandé pourquoi.

Pourquoi certaines catastrophes deviennent elles universelles tandis que d'autres semblent disparaître avant même d'avoir été racontées ?


La géographie de notre compassion

Notre compassion suit souvent les frontières de notre quotidien.

Nous sommes plus profondément touchés par ce qui se passe près de nous, par ce que nous connaissons, par les lieux où nous avons des souvenirs ou des proches. Ce n'est ni un défaut ni une injustice. C'est profondément humain.

Mais la nature, elle, ne connaît pas nos frontières.

La fumée ne s'arrête pas aux douanes. Le climat ignore les cartes. La disparition d'une forêt en Afrique centrale aura des conséquences jusque dans nos campagnes européennes.

Le vivant fonctionne comme un immense réseau où chaque déséquilibre finit, un jour ou l'autre, par rejoindre les autres.


Ce que les forêts nous enseignent

Il existe une idée que je trouve profondément bouleversante.

Les scientifiques savent aujourd'hui que les arbres communiquent entre eux. Grâce à un immense réseau souterrain de champignons : ils échangent de l'eau, des nutriments et même des signaux d'alerte.

Une forêt n'est pas une addition d'arbres isolés. C'est une communauté vivante où chacun contribue à la survie des autres.

Je ne peux m'empêcher d'y voir un miroir de notre propre humanité.

Nous aussi, nous sommes reliés. Bien plus que nous ne l'imaginons.

Lorsqu'un incendie ravage une forêt, ce n'est pas seulement un territoire qui disparaît. C'est une partie de cet immense équilibre qui nous relie tous.


Ce que mon métier m'a appris

En tant qu'hypnothérapeute, j'observe souvent que nous accordons davantage d'attention aux blessures qui crient qu'à celles qui murmurent.

Une émotion enfouie peut rester silencieuse pendant des années avant de trouver enfin le chemin de la conscience. Les blessures les plus profondes ne sont pas toujours les plus visibles.

Je crois que notre rapport à la planète fonctionne parfois de la même manière.

Nous réagissons lorsque les flammes deviennent spectaculaires.

Nous partageons les images, nous nous mobilisons, nous sommes bouleversés. Mais les blessures lentes, celles qui avancent discrètement, loin de nos regards, continuent souvent leur chemin.

Et pourtant, elles préparent déjà le monde dans lequel vivront nos enfants.


Retrouver notre capacité à ressentir

Je ne crois pas que nous manquions d'informations.

Chaque jour, nous sommes confrontés à des images, des chiffres et des alertes.

Ce qui s'érode peu à peu, c'est peut-être notre capacité à rester disponibles émotionnellement.

À continuer de ressentir sans nous protéger derrière l'habitude.

La solidarité ne devrait jamais dépendre de la distance qui nous sépare d'une catastrophe. Elle ne devrait pas non plus dépendre du nombre de reportages qui lui sont consacrés.

Parce que protéger une forêt française ou une forêt d'Afrique centrale revient, au fond, à protéger la même maison.


Et si tout commençait par notre regard ?

Nous ne pourrons pas éteindre tous les incendies du monde.

En revanche, nous pouvons choisir de ne pas détourner le regard. Nous pouvons continuer à nous laisser toucher, à nous informer, à soutenir celles et ceux qui agissent et à transmettre autour de nous cette conscience que tout est lié.

Peut-être que notre responsabilité ne commence pas dans les grandes décisions politiques. Peut-être commence t elle beaucoup plus simplement, dans notre façon de regarder le monde.

Car une société qui cesse de ressentir finit toujours par oublier ce qu'elle doit protéger.

Commentaires


bottom of page
Retrouvez Emma Barbier sur Resalib : annuaire, référencement et prise de rendez-vous pour les Hypnothérapeutes